Par une triple protection juridiquement opposable — et par la leçon de soixante-dix ans d'expérience européenne : l'intégration n'efface pas les cultures, elle les rend plus visibles. L'Irlande est aujourd'hui plus irlandaise, la Catalogne plus catalane et la Pologne plus polonaise qu'avant l'adhésion à l'UE, parce que l'identité culturelle n'a plus besoin d'être défendue militairement et peut être vécue comme civilisation.
Concrètement, le Traité d'avenir prévoit : premièrement, une constitution culturelle de rang constitutionnel garantissant chaque langue officielle — le russe et l'ukrainien expressément compris — dans l'éducation, l'administration, les médias et la justice, opposable devant toute juridiction fédérale. Deuxièmement, le principe de subsidiarité sous sa forme absolue : les politiques culturelle, linguistique, éducative et religieuse relèvent exclusivement des nations et des régions ; l'échelon fédéral n'y détient aucune compétence et ne peut se l'attribuer par vote majoritaire. Troisièmement, un conseil culturel doté d'un droit de veto, où chaque nation fondatrice — quelle que soit sa taille — siège à égalité. Une fédération qui tire sa légitimité de paix du volontariat ne peut tout simplement pas se permettre la domination culturelle : elle détruirait le fondement même sur lequel elle repose.